Interview du Syndicat National d'Union des Psychomotriciens - Yannick Thomas

Nous rencontrons Yannick Thomas, psychomotricien et directeur général du Syndicat National d'Union des Psychomotriciens (SNUP). C'est dans le cadre de ses fonctions au SNUP que nous le sollicitons. En cette heure matinale, autour d'un café bien chaud, il nous accorde de son temps et nous accueille dans les locaux du SNUP à Ivry-sur-Seine pour nous faire partager son expérience. Florence Bronny, présidente du SNUP, est présente lors d'une partie de l'interview et participe à la discussion.



Le SNUP… mais encore ?

« Question spatiale » : Le SNUP possède donc ses propres locaux ?

Le SNUP possède ses locaux depuis 1999. Auparavant, nous étions locataires dans différents endroits sur Paris. En 1999, nous avons ressenti le besoin de pouvoir accueillir les psychomotriciens avec le sentiment d'être chez nous, d'avoir un accueil pour le secrétariat, pour la revue et pouvoir recevoir les psychomotriciens pour l'ensemble des formations. Le dernier local était dans le quartier chinois, au 16ème étage et on avait 30m². C'était un peu compliqué. En 1999, nous avons donc eu l’opportunité d'être dans ce quartier en devenir. Nous avons acheté cette première partie, puis il y a deux ans la partie d'à côté afin d'avoir un plateau technique pour l'ensemble des formations.

« Question temporelle » : Comment est née le SNUP? Qui en est à l’origine et depuis quand existe-t-il ?

Ce n'est pas une personne mais un ensemble. Il a commencé à émerger en 1962. Il est né officiellement en 1964. A l'époque, il ne s'appelait pas le SNUP mais le SNRTP : Syndicat National des Rééducateurs et Thérapeutes en Psychomotricité.

Ce n'est que plus tard qu'il a pris le nom de SNUP, suite à une scission qui a donné naissance au SNUP. Il y a eu d’une d’une part le SNUP et d’une autre la FFP. La raison était une divergence politique. La naissance du SNUP s'est faite conjointement avec la mise en place du premier certificat de psychomotricité, à la Salpêtrière, avec un ensemble de personnes qui réfléchissait à la place d'une future profession.

Cela s'est construit ainsi, avec l'envie de pouvoir installer la profession dans une pérennité. Il fallait donc une structure associative et syndicale. Ce sont des années qui ont été très intéressantes et très riches dans la réflexion, avec des débats virulents. Il y avait deux orientations politiques : créer un Diplôme d'Etat ou intégrer le pôle universitaire. Au fur et à mesure des d'années et de démarches politiques, c'est le diplôme d'Etat qui est ressorti. Aujourd'hui, je ne suis pas sûr que ce fût une bonne idée mais cela reste une réflexion très personnelle. Je pense que les personnes qui ont réfléchi à cette notion de diplôme universitaire étaient parti dans une optique très intéressante. D'ailleurs au jour d'aujourd'hui, nous sommes encore sur la question.

Voilà donc le contexte de la naissance.  Au départ, il s'agissait d’un système associatif dans une ambiance de syndicalisme très bon enfant. Mais ce sont aussi tous ces échanges qui ont amené à ce que la psychomotricité soit ce qu'elle est aujourd'hui. Nos pères ont été

Interview Fédération Française des Psychomotriciens - Florent Vincent

Nous rencontrons ce jour Florent Vincent, psychomotricien et secrétaire général de la Fédération Française des Psychomotriciens, dans son cabinet libéral en banlieue parisienne. C'est de manière décontractée et chaleureuse qu'il a accepté notre invitation et a répondu à nos questions. Autour de petits macarons et d’un thé il s’est prêté au jeu de ce questionnaire avec pédagogie et patience (plus de deux heures d’échanges !!). L’interview se déroulera en deux temps : un premier questionnement pour mieux cerner la fonction de la FFP et un second temps, ciblé sur le secrétaire général et son travail en tant que psychomotricien et acteur de la FFP.



La FFP... mais encore ?


« Question spatiale » : Vous nous recevez aujourd’hui dans votre cabinet de pratique… La FFP ne possède pas de locaux fixes ?
Non, pas de locaux fixes. On a une adresse postale, c’est tout.

« Question késako » : Comment est née la FFP ? Qui en est à l’origine et depuis quand existe-t-elle ?
La création de la FFP date des années 70. Il me semble qu’à l’origine c'était le psychomotricien Philippe Choupin. Puis, différentes personnes lui ont succédé à la direction. Le contexte de la création de la FFP est décrit en grande partie dans la bibliographie de Mme Soubiran (Giselle Soubiran, des fondements à la recherche en psychomotricité, ed. De boeck solal, 2014).

Comment a-t-elle émergée ?
Dans les années 70, il y avait le SNRTP (Syndicat National des Rééducateurs en Thérapie Psychomotrice). Lorsqu’est intervenu la question de savoir si la profession avait besoin de se doter d’un Diplôme d’Etat, il y a eu désaccord au sein du SNRTP. Ceux qui était contre l’obtention du D.E. ont constitué  le SNUP (Syndicat National d'Union des Psychomotriciens), ceux qui estimaient que le D.E. était indispensable pour l’avenir de la profession ont constitué la Fédération Française des Psychomotriciens. Derrière ça, il y a eu des mouvements pour essayer de promouvoir la profession qui ont pris des chemins différents.

Zoom sur le documentaire Le cerveau d'Hugo

Le cerveau d’Hugo est un documentaire-fiction réalisé par Sophie Révil en 2012. Il retrace l’histoire d’un enfant autiste Asperger.

Ponctué de témoignages d’enfants, d’adolescents et d’adultes autistes ainsi que de leurs familles, il nous permet de découvrir la complexité de cette forme d’autisme.

Selon la CIM 10 (Classification Internationale des Maladies), les critères diagnostiques du Syndrome d’Asperger sont :

 A. Absence de tout retard général, cliniquement significatif, du langage (versant expressif ou réceptif), ou du développement cognitif. L’acquisition de mots isolés vers l’âge de 2 ans ou avant et l’utilisation de phrases communicatives à l’âge de 3 ans ou avant sont nécessaires au diagnostic. L’autonomie, le comportement adaptatif et la curiosité pour l’environnement au cours des 3 premières années doivent être d’un niveau compatible avec un développement intellectuel normal.
Les étapes du développement moteur peuvent être toutefois quelque peu retardées et la présence d’une maladresse motrice est habituelle (mais non obligatoire pour le diagnostic). L’enfant a souvent des capacités particulières isolées, fréquemment en rapport avec des préoccupations anormales, mais ceci n’est pas exigé pour le diagnostic.

B. Altération qualitative des interactions sociales réciproques (mêmes critères que pour l’autisme).

C. Caractère inhabituellement intense et limité des intérêts ou caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités (mêmes critères que pour l’autisme, mais les maniérismes moteurs ou les préoccupations pour certaines parties d’un objet ou pour des éléments non fonctionnels de matériels de jeu sont moins fréquents).

D. Le trouble n’est pas attribuable à d’autres variétés de trouble envahissant du développement, à une schizophrénie simple, à un trouble schizotypique, à un trouble obsessionnel compulsif, à une personnalité anankastique, à un trouble réactionnel de l’attachement de l’enfance, à un trouble de l’attachement de l’enfance, avec désinhibition (F94.2).

Selon le DSM IV (Manuel Diagnostique et Statique des troubles mentaux), les critères diagnostiques sont :
A. Altération qualitative des interactions sociales, comme en témoignent au moins deux des éléments suivants:
(1) altération marquée dans l'utilisation, pour réguler les interactions sociales, des comportements non verbaux multiples, tels que le contact oculaire, la mimique faciale, les postures corporelles, les gestes
(2) incapacité à établir des relations avec les pairs correspondant au niveau du développement 
(3) le sujet ne cherche pas spontanément à partager ses plaisirs, ses intérêts ou ses réussites avec d'autres personnes (p. ex., il ne cherche pas à montrer, à désigner du doigt ou à apporter les objets qui l'intéressent)
(4) manque de réciprocité sociale ou émotionnelle.
B. Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités, comme en témoigne au moins un des éléments suivants:
(1) préoccupation circonscrite à un ou plusieurs centres d'intérêt stéréotypés et restreints, anormale soit dans son intensité, soit dans son orientation (ex. fascination pour les horaires de train)
(2) adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou à des rituels spécifiques et non fonctionnels
(3) maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs (p.ex., battements ou torsions des mains ou des doigts, mouvements complexes de tout le corps)
(4) préoccupations persistantes pour certaines parties des objets.

C. La perturbation entraîne une altération cliniquement significative du fonctionnement social, professionnel, ou dans d'autres domaines importants.
 
D. Il n'existe pas un retard général du langage significatif sur le plan clinique (p. ex., le sujet a utilisé des mots isolés vers l'âge de deux ans et des phrases à valeur de communication vers l'âge de 3 ans).

E. Au cours de l'enfance, il n'y a pas eu de retard significatif sur le plan clinique dans le développement cognitif ni dans le développement en fonction de l'âge, des capacités d'autonomie, du comportement adaptatif (sauf dans le domaine de l'interaction sociale) et de la curiosité pour l'environnement.

F. Le trouble ne répond pas aux critères d'un autre trouble envahissant du développement spécifique ni à ceux d'une schizophrénie.

En effet l’autisme est un trouble qui suscite de nombreux débats et son étiologie encore davantage. Dans ce film la piste biologique (génétique et neurobiologique) est mise en avant. L’approche psychanalytique ayant été décriée ces dernières années. Mais ne pourrions nous pas nous interroger sur une étiologie multifactorielle ? Les recherches à ce sujet sont loin d’être terminées et le débat reste ouvert.


 
 Voici le lien de la vidéo !

Pour agrémenter votre rentrée, il est possible de trouver un article complémentaire sur le site pour se plonger dans la tête d’un enfant autiste : « L’étrange incident du chien pendant la nuit ».



Amandine S.