La cour de récréation, comment et pourquoi en faire un atout au travail du psychomotricien

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Dans les structures spécialisées comme dans les écoles, la cour de récréation reste incontournable. Le temps de la récréation est institutionnalisé, les enfants l’ont repéré et s’en saisissent. Toutefois, comme chacun sait, les besoins des enfants en institution ne sont pas les mêmes que ceux des enfants en école, cela est aussi valable pour l’activité récréation.


1/ Les enfants handicapés

Les enfants handicapés mentaux, accueillis dans les IME peuvent présenter des troubles du comportement, des difficultés motrices et une fatigabilité importante. Dans le cadre familial, certains enfants sont difficilement mobilisables pour aller au parc, dans des structures de jeux ou côtoyer au quotidien un escalier. Ces enfants viennent et repartent avec des chauffeurs, qui les accompagnent de leur domicile à leur institut. Souvent la structure de l’institut facilite les accès et donc réduit les déplacements dans les couloirs, dehors ou par un escalier. Ces enfants ne sont donc pas assez stimulés au quotidien et en grande difficulté pour l’autonomie.


2/ Le bienfait de l’activité physique à la récréation

L’activité physique joue un rôle clef dans l’amélioration du mieux-être psychologique, social et physique des enfants.

D’une façon générale, l’activité physique libre des enfants d’âge scolaire permet :
  • Avoir plus d’énergie
  • Réduire leur stress
  • Améliorer leur posture et leur sommeil
  • Renforcer leurs muscles, leurs os et leurs poumons
  • Atteindre un meilleur poids pour la santé
  • Réduire le risque d’avoir des maladies
  • Accroître leurs interactions sociales

Développer une meilleure capacité de concentration et de relaxation, ainsi qu’une plus grande attention.


Pour les enfants handicapés mentaux, l’importance d’une aire de jeux va plus loin.
L’absence de but dans cette cour vide est source d’angoisse pour certains. Ils tournent en rond dans la cour, les jeux sociaux comme le ballon ne les intéressent pas.
Les directives et le lien soutenu avec l’éducateur durant la médiation sont en suspend car la récréation est un temps pour se ressourcer seul, mais ce concept n’est pas accessible à tous. Pour ces enfants, avoir pour but un jeu qu’ils vont pouvoir faire seul, va leur permettre de se ressourcer pleinement : c’est par leur propre objectif de jeu qu’ils vont faire, donc qu’ils vont être.
Les jeux libres sont difficiles à investir pour un enfant ayant des difficultés à concevoir, le jeu tourne rapidement à l’agressivité envers les autres enfants. Une aire de jeux permet de canaliser l’agressivité des enfants.
Permettre la socialisation dans le jeu libre. L’estrade est un espace hors de portée de l’adulte. Cet espace permet la rencontre privilégiée d’enfants.


3/ L’importance pour la psychomotricité

Il est impératif pour les enfants de bouger, tester, expérimenter leur corps. Plus ils feront des expériences motrices, plus leur perception du corps sera fine. Un schéma corporel solide permet à l’enfant d’engager son corps dans l’action et d’affiner ses coordinations, sa souplesse, sa précision, sa rapidité et son équilibre.

Toute la motricité du corps est corrélée, l’enfant doit exercer sa motricité globale pour mettre en place les bases essentielles au développement de la motricité fine.
La structuration de l’espace nécessite une perception du corps suffisante. L’enfant va prendre son corps en référentiel pour évoluer dans l’espace. Enrichir ses capacités de gestion environnementale et de la perception de son propre environnement, va lui permettre de développer la structuration de l’espace.



4/ Le matériel nécessaire

Pour la mise en place de l’aire de jeux, plusieurs éléments sont indispensables :
  • Un toboggan
  • Un escalier avec rampe
  • Une estrade suffisamment grande
  • Un module technique pour monter
  • Un module technique pour grimper
  • Un espace pour se cacher
  • Des dalles au sol ou un sol coulé sur une partie de la cour pouvant amortir les chocs d’une chute.


En conclusion...

La récréation est un moment investi par l'institution, les enfants veulent s'aérer et se dépenser et tous les professionnels s'entendent sur ce besoin. En définitive, il apparaît nécessaire d'aménager cet espace pour qu'il devienne un lieu où le corps bouge, rencontre l'autre et se retrouver lui-même.
Le jeu libre dans les structures motrices apparaît comme un atout complémentaire au travail réalisé dans le cadre d'une prise en charge en psychomotricité: l'enfant exporte ses compétences et se conforte dans ses acquis, il part à la rencontre de l'autre via son corps et sa créativité, il trouve écho dans son camarade ce qui le renvoie à lui-même.

Audrey Avril, psychomotricienne.

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