Interview Fédération Française des Psychomotriciens - Florent Vincent

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Nous rencontrons ce jour Florent Vincent, psychomotricien et secrétaire général de la Fédération Française des Psychomotriciens, dans son cabinet libéral en banlieue parisienne. C'est de manière décontractée et chaleureuse qu'il a accepté notre invitation et a répondu à nos questions. Autour de petits macarons et d’un thé il s’est prêté au jeu de ce questionnaire avec pédagogie et patience (plus de deux heures d’échanges !!). L’interview se déroulera en deux temps : un premier questionnement pour mieux cerner la fonction de la FFP et un second temps, ciblé sur le secrétaire général et son travail en tant que psychomotricien et acteur de la FFP.



La FFP... mais encore ?


« Question spatiale » : Vous nous recevez aujourd’hui dans votre cabinet de pratique… La FFP ne possède pas de locaux fixes ?
Non, pas de locaux fixes. On a une adresse postale, c’est tout.

« Question késako » : Comment est née la FFP ? Qui en est à l’origine et depuis quand existe-t-elle ?
La création de la FFP date des années 70. Il me semble qu’à l’origine c'était le psychomotricien Philippe Choupin. Puis, différentes personnes lui ont succédé à la direction. Le contexte de la création de la FFP est décrit en grande partie dans la bibliographie de Mme Soubiran (Giselle Soubiran, des fondements à la recherche en psychomotricité, ed. De boeck solal, 2014).

Comment a-t-elle émergée ?
Dans les années 70, il y avait le SNRTP (Syndicat National des Rééducateurs en Thérapie Psychomotrice). Lorsqu’est intervenu la question de savoir si la profession avait besoin de se doter d’un Diplôme d’Etat, il y a eu désaccord au sein du SNRTP. Ceux qui était contre l’obtention du D.E. ont constitué  le SNUP (Syndicat National d'Union des Psychomotriciens), ceux qui estimaient que le D.E. était indispensable pour l’avenir de la profession ont constitué la Fédération Française des Psychomotriciens. Derrière ça, il y a eu des mouvements pour essayer de promouvoir la profession qui ont pris des chemins différents.

Pourriez-vous nous expliquer quel est le rôle de la FFP dans le monde de la psychomotricité ?
Ah, dans le monde ! La question du monde, c’est déjà la question de la géographie. La Fédération Française de Psychomotriciens interagit avec plusieurs associations, instances, au niveau international et international…
  • L’OIPR (Organisation Internationale en Psychomotricité et Relaxation) se situe davantage au niveau mondial et européen.
  • Le FEP : Forum Européen de la Psychomotricité qui représente les psychomotriciens au niveau Européen.
  • La FFP se situe au niveau national où on retrouve aussi :
- l' AFPL (libéraux),
- l’ANEP (étudiants) que j'ai créé en 2005.
- l’AFEPP (Association Française des Etudiants et Professionnels en Psychomotricité),
- le CEDIFP (Collège des Equipes de Direction des Instituts de Formation en Psychomotricité)
- Le SNUP
- A tout cela s’ajoute bien sûr toutes les associations locales, régionales, ou des manifestations comme « Les debouts de la Psychomotricité », etc.

En face de nous, pour discuter et faire avancer la profession, nous avons le Ministère des Affaires Sanitaires et Sociales, la DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soins), le HCPP (Haut Conseil des Professions Paramédicales), la HAS (Haute Autorité de Santé), l’ATIH (Agence Technique d’Information sur l’Hospitalisation), le DPC (Développement Professionnel Continu, ndlr) les DRJSCS (Directions Régionales de la Jeunesse, Santé et Cohésion Sociale, ndlr) et d’autres organes de l’administration Française, sans oublier évidemment les élus.

Ok, mais concrètement ?
Concrètement, l’ATIH, contacte la FFP et dit par exemple :
-          « Nous allons faire un catalogue des actes de rééducations, le « CSARR », voulez-vous que les psychomotriciens soient représentés ? ».
-          « Oui. »
Souvent, les psychomotriciens se défendent de l'idée de la case, celle-ci ne nous correspond pas parce que nous sommes multiformes… Oui ! Mais le problème, c’est que si nous ne sommes pas dans une case nous sommes « en dehors ». Et quand on est en dehors du système, on finit par ne plus exister. Donc il vaut mieux entrer dedans, même si ce n'est pas tout à fait « bien taillé » au début. Cela demande énormément de temps, d’énergie, …
L’ATIH est une organisation à part, non gouvernementale. Elle est sensée pouvoir donner des outils de travail pour les hôpitaux. Sont présents tous les représentants syndicaux des autres professions de santé. Jusqu’à récemment, le seul représentant pour les psychomotriciens, c’était moi, au titre de la FFP. Puis, j’ai fait appel à des collègues parce que cela demande beaucoup, beaucoup d’énergie et cela devenait difficile.

Autre exemple. Il y a eu tous les plans de santé: Autisme, Alzheimer…Tout le monde a en tête le plan Alzheimer grâce auquel de nouvelles écoles ont pu être créées, etc... Ça vous semble une évidence aujourd’hui d’être dans ce plan ? Mais ce n’est pas par hasard. Car il y a eu des représentants de la FFP présents dans les réunions préparatoires à ce plan. Vous savez, ces grandes réunions où l’on a l’impression qu’il ne se passe rien (du moins quand on y est pas). Et effectivement, à un moment, ils disent « Bon, on met les psychomotriciens ou pas ? » Et nous sommes là pour représenter la profession, argumenter et dire pourquoi, oui, il faut des soins psychomoteurs pour les personnes Alzheimer. Alors ce n'est au final que quelques minutes dans un lot de réunions qui durent des heures et des heures, et pour lesquelles on a fourni un gros travail en amont, mais… au final ça vaut le coup. Voilà une avancée très concrète de la profession, portée uniquement par la FFP.

Chaque psychomotricien a besoin d’avoir tout ça en tête pour se rendre compte de tout ce qui se passe autour de lui.

Dans un aspect plus théorique, il y a le partenariat historique que l'on a avec la revue Evolutions Psychomotrices. Et il y a aussi un laboratoire de recherche en psychomotricité que soutient la FFP.

Et du côté « non psychomot », il y a les médias. Hier ou avant-hier, je regardais un petit film super sympa. C’est l’histoire d’un homme qui se retrouve dans un institut. Il est avec une professionnelle qui le fait marcher, courir. Les termes utilisés sont « vous allez travailler vos repères dans l’espace »… Tu te dis « mais c’est une psychomot ! ». Mais ce n'est pas dit. On ne connait pas sa fonction. Sur son badge, on voit juste son prénom. Pourtant tu te dis « c’est probablement une psychomot », et bien non, cela n’apparaît pas. Et ça, moi, ça me pose problème. 

Et puis, un des intérêts de la FFP c’est toutes les mises en place de partenariats. Du côté beaucoup plus pratique pour les praticiens : les Debouts de la psychomot, les associations où l'on peut échanger vraiment et même les regroupements entre cabinets libéraux ou entre professionnels d’une même branche : se retrouver, discuter autour d’un sujet, tel nouveau test, telle pratique, ce que l’on fait, ce que l’on ne fait plus, etc. Je me bats au maximum pour avoir de nombreux partenaires. Parce que, très concrètement, quand je dis que la FFP est là pour défendre la profession... ok c'est bien beau, d'accord. Mais quand il s'agit d'adhérer, une des réponses, c’est : « Bah... Pour quoi faire ? Ça me sert à quoi ? ». Eh bien à partir d’un niveau d’adhésion, les gens ont des réductions chez les partenaires. Donc voilà, par exemple c’est les ECPA, Hogrefe, c’est MotriciQuest, c’est Doc Orga, des jeux comme Chavirô (des tonnes de tête) ou Didacto. Nous avons chaque année de nouveaux partenaires qui arrivent.

« Question fil d’actu » : les sources d’informations en lien avec la psychomotricité se multiplient sur les réseaux sociaux… Par quel biais peut-on retrouver les infos exclusivement publiées par la FFP ?
Là, on fait vraiment une synthèse de toutes les infos. On y retravaille d’ailleurs sérieusement en ce moment pour le rénover un peu ! Parce que c’est vraiment le problème, notamment avec Facebook, c’est que ça défile et que les gens oublient. Beaucoup d’infos et qui plus est pas forcément toujours intéressantes et valides.
Y’a-t-il un profil Facebook de la FFP ?
Il y a deux pages, l’une sur l’actualité de la Fédé, et l’autre pour relayer de l’info aux psychomotriciens. Ensuite il y a mon profil qui est uniquement professionnel, pour la FFP. Je n’ai pas de profil perso et je m’y refuse. Je valide toutes les demandes d’amis de psychomotriciens ou apparentés. Nous publions uniquement des informations vérifiées et sûres. Pas de promesse, pas de déclaration d’intention, pas de « on va le faire » mais des faits, des résultats.

"Question Club des cinq": Qui peut faire partie de la FFP?
Tous les psychomotriciens bien sûr!!

Alors comment est organisée la fédération (bureau, collaborateur…) ?
On a un bureau avec un conseil d’administration. Puis tous les adhérents qui peuvent donner leur avis, y œuvrer à la défense et au développement de notre profession, etc…

Y’a-t-il un organigramme de la FFP ?
C’est assez simple. Il n’y a pas de président car c’est un syndicat sur un terme législatif. Donc il y a un secrétaire général, moi-même et un secrétaire général adjoint. On a un trésorier et des secrétaires fédéraux. Tous les secrétaires fédéraux ont des missions et des actions précises.
Combien il y a-t-il de secrétaires fédéraux environ ?
Une vingtaine.

Donc un secrétaire général, un secrétaire adjoint, un trésorier et des secrétaires fédéraux aux environs de 20 avec des spécificités pour chacun (législation, partenariat, petite enfance, gériatrie…).
Oui ! Typiquement, tu vas avoir un Ministère qui va appeler ou envoyer un mail en disant « vous avez rendez-vous dans quinze jours ». Tu peux ? Tu ne peux pas ? T’as ton cabinet ? Rien à faire : « tel jour, telle heure et voilà ». Et là t’as intérêt d’avoir quelqu’un hyper au point, qui s’amène avec un dossier bien ficelé à présenter qu’il aura retravaillé avec d’autres personnes. Et parfois, le dossier, ben tu pars de zéro et t’as que quelques jours pour le faire. Donc tu cours souvent, mais au final, nous sommes présents à cette réunion avec de la matière pour défendre et assurer le développement de la profession.

Est-ce que sur le site de la FFP y’a un listing par exemple de ces personnes avec leur noms et leurs domaines de compétence ?
Oui, les adhérents ont l’organigramme. Pour le site sur internet, ça va venir. Le principal souci qu’on peut rencontrer c’est le turnover. A un moment, les gens arrêtent du jour au lendemain mais je ne peux pas leur en vouloir. Un enfant qui arrive, un changement de poste ou tout simplement une lassitude de bosser gratuitement et bien les gens, ils s’arrêtent. Et je ne peux pas critiquer. Je comprends.

Quelles sont les spécificités de la FFP ?
Y’a pas de spécificités de la FFP puisque qu’on bosse sur tous les sujets qui nous concernent aujourd'hui, mais aussi sur ceux qui nous concerneront demain ! A une époque on mettait des adresses internet style « fonctionpublique@psychomotricite.com »,  etc. Mais ça, ça marche beaucoup moins. Encore avant, c’était un numéro de téléphone, on pensait faire un standard. Maintenant c’est une page Facebook où finalement il n’y a pas de noms et on se contacte entre nous en disant « bon toi tu sais répondre, qu’est-ce qu’il faut que je réponde ? » et on fait des réponses adaptées. Je pense à Dimitri Talbot, je ne sais pas si vous avez vu passer récemment cette info sur la Journée Européenne de la Psychomotricité. C’est Dimitri (délégué français au Forum Européen de la Psychomotricité) qui se met en lien avec le Forum Européen de la Psychomotricité (psychomot.org) pour essayer de coordonner et faire une belle journée le 19 septembre : journée européenne de psychomotricité. L’idée c’est d’inciter à créer des évènements partout en France. J’ai lancé l’idée au forum européen il y a 6 mois, parce que je reçois régulièrement les annonces « journée mondiale ». Et je me suis dit, mais y’a pas de journée mondiale de la psychomot ! L’idée c’est que chacun à son niveau communique, dans son institution, dans la rue, tchatche.

Et du coup, comment est élu le secrétaire général, le trésorier, etc. ?
On fait une assemblée générale, comme tout organisme du même type

Quel est l’intérêt d’être adhérent ?
Nous proposons trois niveaux d’adhésions :
- un premier niveau à 20€. C’est juste une portée symbolique : je donne ma contribution, et je fais en sorte - par exemple, quand on a une réunion au ministère ou quoi que ce soit et qu’on a des représentants psychomots de la FFP qui sont en province - que leur billet de train soit payé ! Ce sont des gens qui déjà prennent une journée de congés dans leur institution ou sur leur cabinet, et tous ceux qui sont en libéral savent ce que coûte une journée sans travailler... Mais que le billet de train ne soit pas à sa charge et que la FFP rembourse les billets de train, cela semble évident mais c’est la base ! De dire « tu prends ta journée ? A midi tu nous envoie ton ticket de resto et on te le rembourse ». Je sais que ça fait hurler plein de psychomot mais ça permet aussi de payer ça. Ça sert également à payer toute la logistique qui, mine de rien, représente pas mal de frais : cotisations aux organismes internationaux (OIPR, FEP), mais aussi les fournitures, le matériel les courriers, etc., etc…

En même temps, ils ne sont pas dédommagés de leur journée donc on peut comprendre…
Effectivement on peut les comprendre.

- Bon et après il y a le niveau 2 à 80€, tu reçois le guide d’installation en libéral, une adresse en @psychomot.com et donc les fameux partenariats où tu as des réductions. Plutôt cool ! Cela répond à un besoin, même si au final les partenaires sont assez surpris de voir que les adhérents en font rarement la demande. En fait, beaucoup d’adhérents me disent « j’adhère car c’est une bonne chose ».

- et le niveau 3 à 140€, tu ajoutes à tout cela l’abonnement annuel à la revue Evolutions Psychomotrices. Et du coup j’en profite : les revues permettent la diffusion du savoir. Il faut donc écrire!

- Et puis on prévu de faire aussi un niveau 4 pour les associations

« Question Picsou » : Est-ce que les membres tels que le secrétaire général, l’adjoint etc. sont rémunérés pour leur fonction ?
Absolument pas, on est tous bénévoles, sans exception.

« Question militante » : Quelles actions avez-vous déjà menées dans le passé ?
Les actes CSARR pour l’ATIH que j’ai évoqué au début.
C’est aussi moi qui ai signé le bordereau pour la manif qui a eu lieu. Ce qui veut dire que j’étais le responsable sécurité. Donc s’il y a avait un problème, c’était vers moi que ça se retournait… Ce qui fait que je n’ai vraiment pas bien dormi ! Pour l’anecdote on avait tous des ballons de baudruche. Je demande alors au CRS en face de moi :
-          « peut-on lâcher les ballons » ?
-          « attention, s’il y a le moindre accident vous serez tenu pour responsable » répond-il avec un grand sourire.
Gloups ! J’ai paniqué bêtement mais parce que quand tu es potentiellement responsable de 3000 personnes, ce n’est pas cool.
Donc la logistique de la manif, c’est beaucoup la FFP ;  les actes CSARR, le plan Alzheimer c’était uniquement la FFP, clairement. Concrètement la FFP est très présente sur les réunions auprès des autorités où il faut beaucoup bosser gratis !

Quels sont vos combats actuels ?
En ce moment, c’est la reprise de la réingénierie. Ça c’est LE truc. Et puis il y a les mesures pour les DYS, sur l’autisme,
Il faut être stratège…
On peut dire ça ! Le problème c’est quand on dit stratège, il y a une connotation négative et péjorative. Mais un moment il faut anticiper et s’adapter. Nous sommes attachés à la neutralité politique comme à la neutralité « théorique » on va dire. Cela signifie que quand je m’exprime, je fais passer l’intérêt du métier avant mes convictions personnelles. Il en va de même pour mes préférences en tant que psychomot pour ce qui est de mes médiations. Je ne vais pas forcément parler de celles que j’aime le plus, ou celle qui me semble le plus appréciées par les familles, mais celles qui sont les plus adaptées aux intérêts du métier dans le contexte particulier où je le défends. Ne serait-ce que parce que si moi je  ne suis pas forcément fan de cette façon de travailler, en attendant elle marche et d’autres psychomot l’utilise fréquemment. Et si en plus elles conviennent à mon interlocuteur, alors je vote pour !  Parce qu’il en va de la profession ! Je dois penser collectif avant tout. Les gens ont parfois du mal à le comprendre.

Combien y’a-t-il d’adhérents à la FFP ?
Pas assez ! Nous sommes 11 000 psychomots environ et environ 10% à 30% adhérent à un syndicat. C’est trop peu !

Est-on obligé d’être psychomot pour adhérer ?
Oui. Les étudiants aussi peuvent adhérer d’ailleurs. En revanche, les étrangers ne vont pas pouvoir adhérer sauf s’ils ont fait reconnaître leur diplôme en France. Après ils peuvent adhérer dans leur pays. Sachant que nous adhérons au forum européen donc de toute manière nos adhésions se regroupent.

Est-ce qu’il est possible de faire des dons à la FFP ?
Oui. Les dons d’argent évidemment, mais aussi les dons de temps de travail !

« Question kifékoi » : Quel rapport y’a-t-il avec les autres syndicats de psychomot ? Qu’est-ce qui vous différencie du SNUP ?
Ce qui peut nous unir et nous associer c’est le gros travail en intersyndical. Justement, pour la réingénierie etc., il faut se serrer au maximum les coudes.
Quant à ce qui nous différencie, je dirais que la FFP travaille peut être plus pour la profession en général et le SNUP pour les professionnels individuellement. Notamment parce que le SNUP a choisi de faire de la formation professionnelle. Nous, nous n’avons pas vocation à faire de la formation continue. Nous faisons des colloques de temps en temps, mais je ne pense pas qu’un syndicat soit fait pour faire de la formation. Ça peut poser des problèmes de conflit d’intérêts. Je crois qu’un syndicat est d’abord là pour s’occuper des enjeux liés à la défense et à la promotion de la profession. C’est toutes ces fameuses réunions qui non seulement ne rapportent rien, mais coûtent beaucoup de temps et de travail. C’est aussi l’international : quand on a contribué à créer l’OIPR ou le FEP, on a proposé au SNUP de participer, mais ils ont refusé. En fait, je dirais que la FFP a une position progressiste, elle est proactive sur les dossiers qui soutiennent le développement de la profession et l’ouverture de nouveaux champs : le Diplôme d’Etat, je l’ai déjà dit, c’est la FFP, le plan Alzheimer, c’est aussi la FFP (faut pas oublier que le SNUP était contre), l’intégration des psychomotriciens dans de nouveaux champ de la santé (Santé au travail, APA prochainement), c’est la FFP. Il suffit de voir par exemple qui participe aux différents travaux de la HAS, qui représente les psychomotriciens lors de ces réunions où se décide l’organisation des soins en France : c’est la FFP. Dernier exemple : la Grande Conférence de Santé. Qui a été à toutes les réunions préparatoires pendant 6 mois ? Qui a rédigé une contribution au nom des psychomotriciens ? Toujours la FPP…

Peut-on adhérer au deux ?
Sur un plan logistique pur, oui. Après ce sont des positions différentes vis à vis des autorités. Typiquement, sur la question de la défense de la profession, nous, nous suivons les recommandations HAS. Le SNUP pas forcément, et il défend cette idée-là. Pour moi, c’est une différence fondamentale. A un moment, quand le gouvernement conditionne l’inclusion de la profession à certains travaux au fait que l’on accepte d’utiliser les outils recommandés, alors on accepte de travailler avec les même règles du jeu que les autres, toujours dans l’intérêt supérieur de la profession. Mais surtout, la prochaine fois que je taperai à la porte alors que je n’y avais pas été invité, il y a plus de chances qu’on m’ouvre la porte et qu’on m’écoute. Et quand on est dans les groupes, là on peut intelligemment défendre la  profession, défendre sa place et, pourquoi pas, ouvrir d’autres perspectives. Si je m’oppose par dogme, alors je reste dehors et je ne défends plus rien. Clairement, je fais le choix de  défendre la profession !

« Question syndiquée » : Quelle place avez-vous auprès des syndicats tels que la CGT, la CFDT, FO etc. ?
On est en lien avec eux notamment sur l’intersyndical où ils ont une section santé. Il faut distinguer deux types de syndicalismes : il y a le syndicat général qui est financé partiellement par le secteur publique et le secteur privé ; et les syndicats professionnels, comme la FFP, qui n’ont aucun financement. Donc ça repose que sur du bénévolat et de la bonne volonté.
Autre différence, et non des moindre, ce sont les centrales syndicales qui négocient les salaires, pas les syndicats professionnels.

« Question ronchonchon » : il est souvent reproché aux divers syndicats de mal communiquer concernant leurs actions et les informations qu’ils ont pu obtenir auprès des ministères. Qu’est-ce que la FFP peut répondre à cela ?
Ce n’est pas faux.
On en revient toujours à la même chose. C’est-à-dire que, si j’avais un délégué à la communication payé, même qu’à mi-temps, pour recenser l’ensemble des actions faites par la FFP et pour les communiquer, wahou ! Vous seriez bombardé d’infos !

Alors qui s’occupe d’alimenter le site internet ?
On est deux-trois à avoir les codes et à mettre les infos, entre deux patients, le boulot administratif, et éventuellement un peu de vie perso. Et le site, ça fait des mois qu’on se dit qu’il faut le changer… Mais c’est un boulot monstrueux !
Je suis d’accord quand les gens nous reprochent de mal communiquer. Je ne peux pas dire le contraire car c’est ce qui fait que je me suis engagé dans la FFP ! Et je l’ai dit droit dans les yeux d’un certain nombre de gens engagés, en leur disant « vous ne faites rien » - « ah oui, on ne fait rien ? Chiche » - « Vas-y chiche ! ». C’est parti un peu comme ça et effectivement il y a du boulot ! Et pour le coup, en parlant d’investissement, j’ai repris un enseignement master à la Salpêtrière, j’enseigne à l’ISRP, j’enseigne pour les instructeurs en locomotion, en école d’ostéopathie pour leur expliquer comment on peut travailler ensemble les uns les autres, etc.

« Question tabou » : certaines personnes ont tendance à faire le lien entre l’ISRP et la FFP ainsi qu’entre le SNUP et la Pitié-Salpêtrière. Que pouvez-vous nous en dire?


La psychomotricité est un tout petit monde : les gens qui s’investissent se retrouvent dans d’autres projets. Alors on croise et on collabore souvent avec les mêmes personnes. J’enseigne effectivement à l’ISRP mais aussi à la Salpêtrière, auprès d’instructeurs en locomotion, … En tout cas cette représentation ne veut plus rien dire aujourd’hui.

Les personnes qui constituent actuellement la FFP viennent-elles toutes de l’ISRP ?
Non. Dans le lot il y en a qui enseignent à l’ISRP mais pas tous. Nicolas a été diplômé à Lyon. Aurélie vit en Bretagne (à l’époque de l’interview). Anne-Claire a été formée à Lille, je l’ai rencontré à l’hôpital de jour et elle a rejoint ainsi la FFP. J’ai rencontré aussi récemment une jeune femme diplômée de l’école des Mureaux motivée pour travailler à la FFP.

Question « de Marie » : Qu'en est-il de la réévaluation de nos grilles salariales ? Et du remboursement sécu de nos actes ?
Je le redis, la négociation des salaires est effectuée par les centrales syndicales, pas par nous. Nous sommes concentrés sur la question de la réingénierie. Sachant que l’issue de cette réingénierie aura de l’influence quand se posera de nouveau la question des salaires sur la table. L’important pour l’heure est d’abord de savoir que les psychomotriciens sont concernés par les négociations en cours à la FPH, comme toutes les autres professions.
Sur le remboursement des actes, je pense que tant qu’il n’y aura pas une refonte générale de la sécu, il sera difficile d’obtenir un remboursement complet. Je pense qu’il faut plus tabler sur une participation symbolique, un peu comme pour les optiques, qui nous débloquerait au niveau des mutuelles. Ce serait déjà une bonne avancée !

Question « de Simon » : en 2011 la SOFMER et la SNV ont publié un document de recommandation intitulé : « La prévention des chutes : éléments pour l'élaboration d'un programme d’éducation thérapeutique aux patients après AVC ». Une vingtaine de personnes ont participé à l’élaboration de ce document et une dizaine d'autres à sa relecture. Des kinésithérapeutes, des médecins, des infirmiers, des ergothérapeutes et même plusieurs orthophonistes....mais pas un seul psychomotricien alors que la question est au cœur de nos compétences. Comment cela a-t-il été possible et est-ce que quelque chose est faite pour que cela ne se reproduise pas ?
Pour le coup, je dois reconnaître qu’on n’a pas vu passer l’info. Mais si Simon l’a vu, pourquoi n’a-t-il pas interpellé la FFP ?  Et à la rigueur, pourquoi n’y est-il pas allé du coup ? La réalité, c’est qu’à un moment, on a besoin de mains, de bras. Y’a qu’à, faut qu’on, ça ne suffit pas. Effectivement, c’est dommage qu’aucun psychomotricien n’ait pu participer à l’élaboration de ce document. Mais allez voir sur le site de la HAS, vous verrez qu’il y en a quand même pas mal des recommandations où la FFP a été active !
A ce sujet des recommandations HAS, petite anecdote révélatrice. Lors d’une réunion sur le 3ème plan autisme adulte, un père représentant des familles d’adultes autistes me prend à parti lorsque je présente l’intérêt de la psychomotricité. Il me demande de présenter des recherches qui prouvent l’utilité de la psychomotricité auprès des adultes autistes. Et effectivement, je n’ai à ce moment-là pas de travaux à lui présenter… Devant toute l’assemblée, notre crédibilité et notre légitimité remise en question ! D’où l’intérêt de développer de l’evidence based practice chez les psychomot, en plus de tout ce qu’on fait déjà !

Mais est ce que les autres professions écrivent tant que ça ?
Oui… Et elles sont beaucoup plus implantées à l’international ! Les psychomotriciens écrivent, certes, mais trop peu et c’est souvent du qualitatif. Je ne critique pas l’intérêt des expériences cliniques mais devant un médecin ou une autorité qui attend des chiffres …
Autre point important, comme le montre l’exemple précédent. Il arrive que nous ne soyons pas au courant et informés de tous les travaux de recommandations auprès de toutes les populations que nous sommes amenés à accompagner. Nous avons besoin de mains, de bras, de volontaires pour nous relayer les informations et ensuite peser dans les différentes réunions. Il n’y a pas de mystère, plus on est nombreux à être vigilant et à travailler ensemble, plus on arrive à être efficace.

« Question on s’rappelle ? » : Comment peut-on joindre la FFP si l’on souhaite lui poser des questions ?
La page Facebook « Info psychomot FFP », mon profil : Florent VINCENT. Et le site psychomotricite.com/ffp pour des trucs plus pérennes, pour des infos sur la convention collective, des infos sur l’international aussi, etc.








Florent Vincent... mais encore?

Après avoir échangé sur la FFP, ses actions, son histoire, ses missions et projets; nous avons voulu davantage connaitre et mettre en lumière l'homme, les hommes, l'équipe derrière la fédération. Ceux qui sont en coulisse et qui s'investissent en parallèle de leur profession de psychomotricien. Ici, lumière sur "Florent Vincent". 



« Question Initiation » : Pouvez-vous nous raconter votre parcours dans les grandes lignes en tant que psychomotricien et secrétaire général de la FFP ? (Année du diplôme, premiers postes, année d’adhésion à la FFP, année d’accession au poste de secrétaire général …)
Mon investissement à la FFP commence par l’ANEP. J’étais étudiant psychomot, à l’ISRP et j’ai créé l’ANEP. J’ai eu mon D.E. en 2005 et j’ai commencé le master en 2008 validé en 2010. Au moment du master j’avais fini de m’occuper de l’ANEP et je me suis lancé dans la FFP parce que je m’ennuyais … Je suis secrétaire général depuis 2010. J’ai un souvenir très amusant d’un plan, un programme que je m’étais fait de ce qu’il fallait faire. Cela tient sur une page et en 5 ans - donc jusqu’en 2015 - je m’étais dit tout ce qu’il fallait faire…J’en ai fait 20 fois plus mais c’est 20 fois pas assez, voire 50 fois pas assez. Je suis toutefois fier car j’ai dépassé largement mes objectifs, mais ce n’est pas du tout suffisant.



Et donc là, doctorat ?
Je prépare mon doctorat en Education, carriérologie, éthique, à l’Université Catholique de l’Ouest d’Angers. J’ai validé la première année. A ce jour, il n’existe pas encore de doctorat en psychomotricité. En fait, c'est pour ça que je l’ai choisi. Autant j’ai fait un master en psychomotricité, le seul qui existe, qui soit spécifique aux psychomotriciens (Master international en psychomotricité N.D.L.R.). Et je suis parti dans un doctorat qui justement est au carrefour d’un certain nombre de disciplines universitaires. Je trouvais que cela avait du sens parce que, ce que l’on reproche aux psychomotriciens quand ils font un doctorat, c’est qu’il soit en psychologie, en anthropologie, en science du mouvement… « Oui, mais on perd la spécificité ». Alors que paradoxalement, la spécificité de la psychomot, c’est de ne pas être cloisonné. C’est d’être à la croisée d’un certain nombre de disciplines. Ce doctorat est à la croisée de plusieurs disciplines ce qui me permet à chaque séminaire de me retrouver dans plein de choses, la sociologie, la psychologie, l’anthropologie, la déontologie, l’éthique dans les aspects théologiques. Et ça permet de vraiment faire une synthèse active.

Et votre thèse, sur quoi porte-t-elle ?
La carrière des psychomotriciens.

« Question Peter Pan » : quel métier vouliez-vous faire quand vous étiez enfant ?
Potier, comme mon tonton.



« Question révélation » : Alors comment avez-vous découvert la psychomotricité ? Quel a été le déclic vers votre parcours professionnel ?
Y’en a eu plusieurs. Le fil conducteur, ce sont les arts martiaux. J’étais sportif de bon niveau (judo, N.D.L.R.) puis après j’ai continué un petit peu et j’ai reçu les papiers de l’INSEP, qui me proposait de rentrer en kiné sans passer le concours. Et entre temps, les évènements  de vie on fait que j’ai eu un accident grave qui m’a beaucoup chamboulé, avec un impact physique et psychologique majeur. Et c’est en séance kiné que je me suis retrouvé avec une dame, qui pour l’anecdote, avait la quarantaine et me disait « j’arrive toujours pas à attacher mon soutien-gorge ». Et ça faisait plus de trois mois qu’elle était là, un truc au coude suite à une chute. Et on se met à causer comme ça. Puis elle me dit « oui mais j’en ai marre, toute manière mon mari il ne fait jamais rien à la maison et forcément je suis tombée parce que ce jour-là fallait que je change une ampoule, et voilà. Résultat du compte c’est lui qui fait tout à la maison car je n’arrive pas à me soigner. » Et de suite, tu te dis… gros bénéfice secondaire ! Je me suis dit, involontairement elle reste dans cette dynamique là et le kiné, il n’a rien compris. S’il ne traite pas ça, il passe à côté. Donc premier déclic, j’étais dans ma démarche de faire kiné et je me suis dit, « les kinés ils ont rien compris ».
Puis je suis parti en fac de médecine, et mon ostéopathe me dit, « va faire du kinomichi ». J’ai fait une très belle rencontre avec la prof, très âgée ;-) à l’époque, 50 ans ! C’était un coup de foudre platonique, une personne avec une personnalité absolument fabuleuse. Et puis un moment, j’arrive plus tôt à un cours et on se met à discuter. Elle me dit « que fais-tu ? » - « je ne sais pas, j’hésite, peut-être faire psychomot ou ergo, je prépare les concours, je ne sais pas ». Et je commence à lui expliquer ce qu’est la psychomotricité ce qu’est l’ergothérapie. Elle me regarde et dit « Ecoute, si tu veux, tu viens au CMP, tu viens me voir travailler, je suis psychomotricienne ». Et moi qui est fait deux classes de secondes, deux premières, deux terminales, qui ai passé mon bac à l’oral de rattrapage, qui était absolument mauvais, j’ai préparé 1 an les concours et j’ai fini 5ème à l’ISRP. Tout ça parce que j’ai fait de la pratique corporelle, du kinomichi et voilà, c’est des rencontres !

«  Question Bruce Wayne » : Comment réussissez-vous à concilier votre pratique de psychomotricien et vos fonctions à la FFP ?
J’ai besoin de peu de sommeil.

« Question Madame Soleil » : Ou imaginez-vous être dans 10 ans ? Quels sont vos projets futurs au sein de la FFP ?
Peut-être plus que partiellement clinicien. Dans 10 ans c’est difficile… Plein de fantasmes pro et syndicaux…

 « Question sky is the limit » : Quel avenir envisagez-vous pour la psychomotricité ?
Que ça devienne une vraie discipline au sens universitaire, et donc quelque chose qui soit enseigné de façon fondamentale. C’est-à-dire autant les médecins, que les autres professions de santé, que dans les écoles. Aujourd’hui, plus personne ne discute le fait que l’on enseigne l’anatomie. Pourtant, quand vous regardiez les premières planches d’anatomie chinoise, elles étaient plutôt sommaires. Mais par contre elles mettaient en relation plein de choses. Moi j’aimerais que toutes les instits du coin ne me regarde pas de travers en se disant « c’est quoi la psychomot » ou de ramer à l’arrivée d’une nouvelle instit. Donc vraiment faire un truc qui devienne une référence. A chaque fois quand on parle de reconnaissance de la profession je mets le « re » entre parenthèse.

« Question inavouée » : Quelles questions aimeriez-vous que l’on vous pose ?
… Je ne sais pas, vous avez bien fait le tour.

« Question Balle à Picots » : Quelle anecdote rigolote en lien avec la profession pouvez-vous partager ?
Quand je suis allé faire une séance d’haptonomie avec ma femme et que la sage-femme nous a dit « je vais vous montrer un truc absolument fabuleux ! » et qu’elle nous sort une balle à picots… ! Je la regarde et nous éclatons de rire – ma femme est psychomot aussi – et on lui dit « on va vous expliquer : la balle à picot, c’est notre outil de travail ! ». Et la fois d’après, je suis revenu avec un sac plein de toutes mes balles à picots et là, elle est tombée de sa chaise « Génial ! ». A l’époque vous veniez juste de me contacter et je lui ai dit « on a même un site laballeapicot.com ! ».

Question «  Friterie »: Où en sont-ils en Belgique ? Le métier n’est plus reconnu ?
C’est un problème de politique « nationale/fédérale » qui dépasse le cadre de la psychomotricité. Mme De Block (ministre belge des affaires sociales et de la santé publique N.D.L.R.) a juste confirmé ce qu’on sait depuis des années : la profession de psychomotricien dans le champ de la santé n’existe pas et ne sera pas créée. En clair, ce n’est pas que la profession n’est plus reconnue, c’est qu’elle ne l’a jamais été ! C’est triste, et c’est ce qui explique que les français qui ont été formés avec un Bachelor ne peuvent exercer en France directement après l’obtention de leur diplôme. Mais voyez, là encore, on a prévenu de ce risque, longtemps avant. On a été les seuls à le faire, encore une fois. On a été accusé de protectionnisme, et de je ne sais quoi d’autre. Sauf qu’au final, on a fait que dire la vérité au gens, même si cette vérité n’est pas toujours agréable à entendre.

Et par rapport aux graphothérapeutes ?
J’ai vu Yannick Thomas dire qu’il allait attaquer une nana qui fait de la graphothérapie, dans le sud de la France. J’attends vivement de voir le résultat. Parce que, moi ça me semble très compliqué. La loi réglemente uniquement le titre de psychomotricien et l’exercice du métier de psychomotricien. Autrement dit, on ne peut dire qu’on est psychomotricien, ni même occuper un poste de psychomotricien, si on n’a pas un D.E. C’est tout et ça s’arrête là.  Mais tout ça a déjà été longuement expliqué sur les réseaux par la FFP.

Alors n’importe qui peut être graphothérapeute ?
Oui, tout le monde, y compris les psychomotriciens. Le problème est de se retrouver face à des gens qui ont le droit de faire de la pub et peuvent plus facilement infiltrer les écoles car ils n’ont pas l’étiquette de professionnel de santé, et souvent ce sont d’anciens instits. La réalité c’est qu’ils leur manquent dans leur formation des aspects qui font qu’ils sont souvent limités, mais ça ils se gardent bien de le dire ! Maintenant il y a pas de mystère : à nous de montrer qu’on est les meilleurs !!!

Mais depuis quand y a-t-il des écoles de graphothérapeutes ?
En fait il n’y en pas vraiment. Sur le plan historique, il y a eu Ajuriaguerra et son équipe qui ont travaillé sur les troubles de l’écriture. Il y a eu aussi la graphologie, qui est passée de mode car on s’est rendu compte du manque de solidité des théories qui la portait. Alors certains graphologues ont commencé à se recycler, et ils ont fait graphothérapeutes. Voyant que ça marchait, et que les professions de santé (dont la nôtre), n’occupait pas suffisamment le terrain, ça s’est développé en flèche

Il y a des graphothérapeutes qui se permettent de dire qu’un enfant/patient n’a pas besoin de psychomotricité… C’est plus ça qui gêne ?
S’il n’y avait qu’eux ! Il y a aussi des pédiatres qui tiennent ce discours… Il y’en aura toujours ! Et on ne peut pas leur interdire. On peut juste prouver qu’ils ont tort. Je suis le premier à estimer que c’est bien dommage, que ce sont des gens qui peuvent faire des dégâts. Pour l’heure la réglementation ne permet pas de faire grand-chose, mais on sera présent le jour où la loi changera, et on agit déjà dans ce sens. En attendant, c’est aux psychomotriciens, ou plutôt à la profession, de faire le nécessaire pour être le mieux formé possible et fournir les travaux qui montreront que ce qui marche vraiment, c’est le soin psychomoteur !

Le fin mot de cette interview, c’est qu’en fait, il faudrait plus de secrétaires fédéraux ?
Oui. Après on sollicite régulièrement les adhérents qui d’une certaine façon disent « j’adhère, c’est déjà bien ». Ce qui est vrai, mais il faudrait aussi plus de gens qui non seulement adhèrent mais aussi se joignent au combat, donne du temps et de l’énergie. Mon rôle de secrétaire général est de redistribuer un peu ce qu’il y a à faire, de coordonner car je ne peux pas tout faire d’une part. Donc j’essaie d’avoir le nez dans chaque truc et je survole. Et c’est d’avoir des gens qui sont spécifiquement sur un dossier. Comme c’est du bénévolat, il faut que les gens prennent du plaisir. Le fameux plaisir en psychomot !


Interview réalisé en Juin 2016

Encore un grand merci à Florent Vincent de s'être montré disponible et patient.

Si vous souhaitez contacter le FFP et y adhérer, consultez leur site en cliquant ici

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